Confinement des villes : le cadre de vie comme marqueur d’adaptation

Je suis urbaine.

J’ai toujours vécu en ville, en France dans des villes moyennes et à Paris, à l’étranger dans des capitales. J’aime l’activité de la ville, son effervescence, ses couleurs, sa diversité de populations, ses multiples facettes. J’aime pouvoir décider de sortir au dernier moment, en vélo, à pied, en métro sans avoir besoin de prévoir, programmer, planifier. J’aime aller au théâtre, au concert, retrouver des amis, faire mes courses en vélo, à pied,  que mes enfants rentrent de l’école par leurs propres moyens, qu’ils retrouvent des amis sans besoin de transport en voiture…pour moi c’est simple, c’est facile.

Nous avons fait le choix avec mon conjoint de vivre en ville, avec pour critère n°1 de réduire l’usage d’une voiture et pour second critère d’habiter à moins de 30 mn porte à porte de nos lieux de travail. Du coup, nous avons habité dans des logements plus petits, anciens, avec un petit jardin parfois, pour faire coïncider nos critères avec notre budget.

Pendant la période de confinement, j’ai mis à profit la sortie autorisée d’une heure quotidienne  pour explorer le périmètre de 1km autour de mon habitation et observer la moindre manifestation de nature à portée de mon regard. Avant le 20 mars 2020, ce n’était pas mon lieu habituel de balade, privilégiant le centre ancien de Toulouse, les rues autour du Capitole, de St Sernin, les berges de la Garonne qui ouvrent le regard sur les Pyrénées quand le ciel est limpide.

Heureusement c’était le printemps. Les manifestations de nature s’échappaient des jardins privés et apportaient des touches de couleur nouvelles chaque jour. J’ai pris des photos, des arbres en bourgeons, des plantes en fleurissement, des herbes sauvages qui avaient pris leurs aises.

Comme si j’avais besoin de capter cette nature qui m’était devenue interdite 

Interdits les parcs, interdit de marcher le long du canal, interdites les berges de Garonne, interdits les 300m2 de pelouse autour de l’obélisque …Restait à marcher sur les trottoirs et les rues désertées par les voitures.

La chasse à la nature a vite trouvé ses limites. Le plaisir des yeux procuré par le printemps a rapidement laissé la place à la grisaille et la froideur du goudron, des murs, des toits…Mon regard a buté sur les étages des bâtiments. Et une sensation d’enfermement dans la ville s’est installée, insidieusement, petit à petit.

Pour nous, le confinement c’était comme être enfermés dans une prison minérale.

Je n’ai pas identifié tout de suite le manque de végétal (de nature ?). Je crois que pour la première fois j’ai compris ce qu’on appelait le « cadre de vie » : contrainte dans mon périmètre de 1km2, je me suis en fait retrouvée dans un « cadre sans vie». Ca reste douloureux

En échangeant avec des collègues, des amis, la famille, des clients qui étaient confinés à la campagne, dans des villages, j’ai compris que nous ne vivions pas le même confinement.

En ville nous faisions nos courses à pied ou à vélo. En ville nous savourions un silence jamais entendu – pas de voiture, pas de train, pas de camions, pas d’avion. En ville nous avions le choix de nous approvisionner dans différents magasins en fonction de la longueur de la queue (trop de monde ici, j’essaie là bas), du respect des consignes d’hygiène du-de la commerçante. En ville nous pouvions savourer le plaisir de prendre le temps de faire nos courses, puisque cela nous permettait d’être dehors plus que le temps autorisé pour les activités sportives.

Dans un cadre de vie minéral non vivant.

Avec Lisa Russo et Rachel Jouan (Climate Adaptation Consulting), Stéphane Simonet (Acterra) et Guillaume Simonet (Abstractions), tous les cinq engagé.es professionnellement nous interrogeons nos pratiques professionnelles, partageons nos prises de consciences, et essayons de tirer des enseignements de la « crise de la COVID 19 ».

Cette histoire de cadre de vie interroge nos approches territoriales sur l’adaptation. Quand nous abordons la question à l’échelle d’une intercommunalité, comment prenons nous en compte le cadre de vie des habitants dans leur quartier ? Comment prenons nous en compte le vécu et le ressenti des habitants au niveau du quartier avant d’engager une végétalisation pour réduire les ilots de chaleur ou développer les ilots de fraicheur? Comment prenons nous en compte les ouvertures paysagères, les lignes de fuites qui participent au sentiment de bien-être  et contribuent à la circulation de l’air ? Comment compléter les images satellites et les indicateurs pour intégrer les perceptions, l’accessibilité aux espaces de nature, leur confort, leur convivialité ?

Il nous parait primordial d’investir ce « cadre de vie » pour co-construire les capacités d’adaptation des villes avec les habitants, jusqu’à l’échelle du quartier. Conduire des diagnostics sensibles avec les habitants dans leur diversité – les adultes, les enfants, les personnes qui se déplacent lentement, les femmes, les anciens et les nouveaux urbains, les sans domicile fixe… les vivants.

Article rédigé par C.Bossis, Greenselipar sous le regard bienveillant de Rachel Jouan et Lisa Russo, Climate Adaptation Consulting, Stéphane Simonet Acterra et Guillaume Simonet Abstraction services, 16 juillet  2020. Illustration de Anna KEDZ

La covid-19, un répit temporaire pour le vivant non-humain…

Troisième article de notre série écrite à 5 mains, pour tenter de tirer des enseignements de la crise de la Covid-19 et améliorer nos pratiques d’accompagnement en termes d’adaptation aux changements climatiques, rédigé par Guillaume Simonet

C’était une des seules bonnes nouvelles de cette crise aussi violente qu’inattendue : le confinement des humains a pu, le temps de quelques semaines, (relativement) profiter aux non-humains non domestiqués. Vivant au centre-ville de Toulouse, j’ai eu l’heureuse opportunité d’observer lors des semaines de confinement ce printemps silencieusement vivant à chacune de mes sorties. Comme surgies de nulle part, je m’émerveillais des tiges qui poussaient dans la moindre faille d’asphalte, longeaient les murs ou grossissaient le rang des jardins publics cadenassés. Libérées du joug de « l’entretien », je notais que certaines donnaient des fleurs et d’autres de larges feuilles vertes, le tout au milieu de longues graminées qui dominaient les espaces plats. Et à la faveur d’une période pluvieuse, je suivais l’installation de microcosmes d’insectes au milieu de ces mini-jungles urbaines, ravissant les oiseaux perchés sur les longues branches épargnées des habituels élagages. Après plus d’un mois de cette politique bien involontaire de  « laisser aller », je fus surpris : loin d’être des amas impénétrables d’espèces envahissantes malodorantes, je constatai que les pousses étaient raisonnables (seules les graminées et quelques rares fleurs atteignaient tout juste le mètre…), diversifiées et formaient une broussaille légèrement désordonnée qui donnait à la ville rose un air plus décontracté qu’à l’accoutumée : le joyeux vert des ruelles compensait la grisaille de nos anxieuses vies confinées.

… rapidement douché par un violent retour à la réalité

J’avoue m’être émerveillé de cette discrète broussaille urbaine durant ces promenades. Je me mettais alors à imaginer que le constat serait de même au sein des instances de décisions locales. Mais je gardais également en tête qu’une telle gestion pouvait se heurter à une série de complaintes : de telles herbes laissées folles (et leurs cortèges d’insectes belliqueux) allaient-elles gâcher les accrocs des traditionnels pique-niques gazonnés ? Mais je rêvais un peu : ce laisser-aller pourrait-il devenir la pierre angulaire des politiques d’espaces verts urbains de l’ « après » ? Quand je lus que les autorités locales de Grenoble avait intégré cette idée à leur nouvelle politique, je me dis alors que la covid-19 faisait définitivement office de déclencheur ! Quelques jours plus tard, la douche froide arriva sur Toulouse en même temps qu’une fin de mai aux tentations caniculaires : au pied de la « muraille », un tracteur-débroussailleur (!) sonnait la charge. Les parcs rouvraient leurs portes à une armada de débroussailleuses individuelles à essence et à leur insupportable cacophonie. Les murs redevenaient briques, les recoins insipides et les coupes rases. La parenthèse verte se referma et les « habitudes » reprirent de plus belles.

Converger les accompagnements

Nos efforts, en tant que professionnels de l’adaptation aux changements climatiques, se heurtent souvent aux réalités organisationnelles. Je constate un écart, à mon goût encore trop grand, entre la considération du vivant non-humain et celle portée pour les enjeux climatiques, que ce soit dans la communauté scientifique (science du climat vs chercheurs en biodiversité), au sein de structures (associations environnementales vs bureaux d’ingénieurs) ou de services de collectivités (espaces verts vs développement durable/environnement). Heureusement, la tendance au rapprochement est là et peu à peu les cloisons s’estompent. Car, la parade n’est pas à chercher dans de nouvelles technologies, concepts ou moyens : le décloisonnement est le seul mot d’ordre, que ce soit pour les disciplines ou les formations), les aspects cognitifs ou les logiques d’action, les services ou les organisations.

Accompagner le pas de côté

Avec Catherine Bossis (Greenselipar), Rachel Jouan Daniel et Lisa Russo (Climate Adaptation Consulting) ainsi que Stéphane Simonet (Acterra), tous les cinq engagés professionnellement pour accompagner les territoires, les institutions et les activités à se réorganiser face aux impacts des changements climatiques, nous opérons justement dans cette logique de décloisonnement par nos visions systémiques et nos accompagnements en intelligence collective. Nous pensons que les menaces révélées par la COVID – dans cet exemple, reconsidérer le vivant non-humain notamment face aux changements climatiques– obligent chacun de nous une prise de distance : prendre le temps de mieux saisir nos dépendances individuelles et collectives, de formuler ce qui nous semble indispensable et d’imaginer ce que nous voulons dès à présent pour notre territoire « terrain de vie ».

Nous sommes prêts pour jouer ce rôle d’animateur « sensible » en accompagnant les démarches en faveur des SAFN (solutions d’adaptation fondées sur la nature) comme pistes de réorganisation de nos territoires, de nos institutions et de nos activités.

Article de Guillaume Simmonet, rédigé sous le regard bienveillant de Rachel Jouan et Lisa Russo de  Climate Adaptation Consulting , Catherine Bossis, Greenselipar, Stéphane Simonet Acterra , 12 juin 2020. Illustration de Anna KEDZ

Avec la COVID, la peur de manquer de nourriture !

résilience alimentaire copyright Anna Kedz

Deuxième post de la série, rédigé par Rachel Jouan

Je vis dans les collines de la Piège dans la campagne audoise. Le jour du confinement, j’ai vu – pour y avoir contribué – les rayons de la jardinerie du coin se vider de plants potagers et de semences et les coffres de voiture se remplir de sacs de terreau. Les jours suivants, j’ai constaté que mes réseaux amicaux – constitués ou de circonstance – ont échangé sur l’approvisionnement en plants potagers auprès de maraichers locaux, les techniques de culture « pour les nuls » et même les « sauvages comestibles et médicinales ». Puis très vite les « tutos permaculture » ont envahi mes réseaux sociaux, tout comme les recettes les recettes de grand-mères ont refait surface!

Des éleveurs locaux – ayant perdu leurs débouchés habituels à cause de l’interdiction des marchés – se sont organisés pour assurer une livraison à domicile !

Tout s’est passé comme si la pandémie avait révélé chez moi la peur de manquer de nourriture et le besoin de reprendre le contrôle en « mettant les mains dans la terre »!

Deux mois et demi plus tard, la maraichère en herbe en laquelle je me suis transformée réalise la limite de l’exercice de se nourrir : c’est long, c’est plein de surprises -bonnes et mauvaises- , c’est exigeant en surface et en eau et l’assiette reste encore bien maigre !

La COVID révélatrice de notre vulnérabilité alimentaire ?

Puis nous avons découvert avec consternation que certaines récoltes de fruits et légumes étaient compromises car dépendantes d’une main d’œuvre saisonnière originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et même d’Amérique latine

La pandémie a accéléré la prise de conscience de notre vulnérabilité alimentaire et de l’importance de retrouver un niveau minimum d’autonomie alimentaire territoriale pour se sentir en sécurité ! C’est comme si elle avait repositionné les maraichers au rang des métiers essentiels à la société. D’une certaine manière, la question de la résilience alimentaire territoriale, portée par quelques « pionniers », a été propulsée sur le devant de la scène « grâce au COVID ».

La résilience est autant une affaire « humaine » que technique

Les solutions techniques sont globalement connues : le développement des circuits courts, la diversification territoriale de l’agriculture (ou encore la « sortie » de l’hyper-spécialisation régionale), les techniques agro-écologiques, la fonctionnalité des écosystèmes, les plans alimentaires territoriaux… sont autant de pistes stratégiques aujourd’hui portées dans les plans climat-énergie territoriaux et de nombreuses politiques publiques. Mais les solutions techniques ne suffisent pas.

La résilience alimentaire territoriale, comme la résilience tout court, dépend en grande partie de l’existence d’une vision partagée – dans laquelle TOUS les acteurs et les actrices se retrouvent- portée par un écosystème «  humain » qui met en lien . Par exemple la mise en réseau des producteurs/consommateurs en circuits courts locaux, le désir de changer d’habitudes de consommation alimentaire, l’engagement politique fort…

Accompagner le « sensible »

Avec Lisa Russo (Climate Adaptation Consulting), Catherine Bossis (Greenselipar), Stéphane Simonet (Acterra) et Guillaume Simonet (Abstractions), tous les cinq engagé.es professionnellement pour accompagner les territoires et les organisations à réduire leurs vulnérabilités aux impacts du changement climatique, nous opérons justement à cette croisée de la technique (par nos diagnostics territoriaux) et de l’humain.

Nous pensons que les menaces révélées par la COVID – ici la potentielle vulnérabilité alimentaire – obligent à prendre le temps « d’atterrir » et de construire cette vision. En commençant par mieux comprendre nos peurs et dépendances individuelles et collectives, (re)définir ce qui est indispensable à notre existence et ce à quoi nous sommes attaché.es et imaginer ce que nous voulons demain pour notre terre et notre territoire « terrain de vie ».

Nous sommes prêt.es pour jouer ce rôle d’animateur, animatrice « sensible » au service des résiliences (alimentaire, sanitaire, économique et environnementale…) en intégrant aussi le changement climatique.

Article rédigé par Rachel Jouan, Climate Adaptation Consulting, sous le regard bienveillant de Lisa Russo Climate Adaptation Consulting , Catherine Bossis, Greenselipar, Stéphane Simonet Acterra et Guillaume Simonet Abstraction services, 29 mai 2020. Illustration de Anna KEDZ

Et si le crash test mondial du COVID-19 était une occasion de revisiter l’efficacité de nos pratiques de professionnel.les de la transition et de l’adaptation au changement climatique ?

Cela fait bientôt 25 ans que je travaille à sensibiliser les organisations et les territoires à l’importance, puis à l’urgence de s’organiser pour préparer, puis accélérer la transition écologique, pour se préparer aux changements climatiques que nous n’avons pas su réduire et qui font déjà des dégâts économiques, sanitaires et sociaux sur nos territoires.

J’ai fait évoluer mon discours, mes pratiques, mes méthodes.

Pour mobiliser, je me suis référée aux grands engagements mondiaux, européens, nationaux, régionaux. J’ai essayé la rationalité scientifique et technique, la preuve par les chiffres, la communication engageante, la communication non violente, la pédagogie positive, le story-telling, l’humour, l’imaginaire, l’approche individuelle, l’approche groupe, l’approche politique, l’intelligence collective, le partage des bonnes pratiques, le partage des erreurs…

A part la chorégraphie, je pense que j’ai tout tenté

Cette crise du COVID, je l’ai prise en plein dans la figure – comme beaucoup d’entre nous-et je la vis comme un « crash test » préfigurant de ce qui nous attend avec le changement climatique. Avec une petite musique insidieuse qui me susurre à l’oreille « on a tout essayé pour sensibiliser aux chocs (dont climatiques) depuis des années, si on s’était mieux préparé on aurait pu l’éviter ou le prendre moins fort. Tout ce que tu fais depuis 25 ans, tout ce que fait la communauté des personnes qui porte ces mêmes messages ces mêmes valeurs sur la transition écologique ça a servi à quoi ?». Même si une autre voix me dit que les changements de société c’est plus compliqué que ça. Ca fait mal.

Et si nous – la communauté des professionnel-les de la transition écologique commencions par interroger l’efficacité de nos pratiques professionnelles. Si nous acceptions de faire le double constat que les messages sur le changement climatique ne sont pas suffisamment passés auprès des décideurs pour déclencher des actions à la hauteur des enjeux  et que les territoires et les organisations ne sont pas assez préparés pour faire face aux impacts du changement climatique, comme ils ne le sont pas pour faire face à ce nouveau virus.

Le choc de la pandémie COVID 19 nous invite à nous questionner pour améliorer nos pratiques.

Avec Rachel, Stéphane et Guillaume, tous les quatre engagés professionnellement pour accompagner les territoires et les organisations à réduire leurs vulnérabilités aux impacts du changement climatique, nous avons décidé d’interroger nos pratiques professionnelles, d’exprimer nos prises de consciences, de tirer des enseignements de la « crise de la COVID 19 ».

Notre intention début 2020 était de construire un « outil déclencheur » : pour faire prendre conscience qu’il est vital à pour toute organisation, tout territoire de se préparer sans attendre à faire face aux bouleversements du changement climatique. La « crise de la COVID 19 » a fait office de déclencheur.

Aujourd’hui, collecter les expériences vécues dans les territoires et les organisations, analyser ce qui a fonctionné, ce qui a été difficile, écouter les ressentis, souligner les liens entre la crise du COVID 19 et des futures crises climatiques, va enrichir nos approches.

Elles seront mieux ancrées, plus terrestres, parce que nous appartenons aujourd’hui tous à une même communauté, celle qui a vécu dans son quotidien cette crise.

Article rédigé par C.Bossis, Greenselipar sous le regard bienveillant de Rachel Jouan, Climate Adaptation Consulting, Stéphane Simonet Acterra et Guillaume Simonet Abstraction Services, 15 mai 2020. Illustration de Anna KEDZ

Je ne sais pas continuer sans me dire que j’ai du pouvoir d’agir

Avec des collègues et nos filles adultes, nous avons commencé dès la seconde semaine de confinement à réfléchir ensemble sur comment transformer ce temps contraint d’assignation à résidence pour commencer tout de suite maintenant à préparer « le monde d’après », pour que rien ne soit plus comme avant.

Tout d’abord, ça nous a fait un bien fou, « c’était stimulant, ça m’a sorti de ma torpeur » me disait Sarah.

Préparer le monde d’après, pour que rien ne soit plus comme avant, ça parait ambitieux, non ? un peu fou ? Voire bisounours, écolo, intello, bobo… Comment peut on réfléchir dans notre présent confiné, notre futur et notre avenir sans OSER sortir du cadre, sans ouvrir nos imaginations, sans changer nos modes d’appréhender le monde ? Comment se projeter face à temps d’inconnues et d’incertitudes ? Comment être créatives le cul collé sur une chaise ? Je ne sais pas faire.

Je ne sais pas continuer sans me dire que j’ai du pouvoir d’agir

à mon niveau et avec mes ressources et surtout – surtout c’est ce qui est essentiel – sans le collectif sans les autres.

Solidaires pas solitaires, j’aime bien ce hastag, il me donne de l’espoir.

Je découvre sur les quelques réseaux sociaux sur lesquels je suis peu active (voir endormie pour FB) une floraison d’initiatives qui me nourrissent d’espoir.

Je découvre autour de moi, des initiatives simples comme prendre contact avec ses voisins âgés qu’on ne connait que de vue pour offrir son aide, son écoute, et ce que cela apporte de lumière et de joie à ces personnes ; comme coudre des masques pour les membres de sa famille…

J’ai la chance d’être à mon compte, de disposer d’un bureau et de matériel adapté pour le télétravail, je n’ai pas de salarié.e, je n’ai pas de travail et je n’en aurai pas pendant plusieurs semaines voire mois. Je suis libre totalement d’utiliser mon temps de confinement pour réfléchir, lire, me former en ligne, approfondir des projets qui étaient en gestation, prendre contact avec mes partenaires, mes clients pour prendre des nouvelles et les écouter, j’ai le temps pour aller explorer des champs inconnus via les outils internet et par l’introspection.

Je suis LIBRE et c’est un privilège énorme.

J’agis dès aujourd’hui, en partageant, en mettant en lien, en invitant à la réflexion d’autres personnes, en portant des gâteaux à mon jeune voisin confiné seul dans son studio, en allant prendre des nouvelles de Thérèse, 90 ans qui est seule dans sa maisonnette.

Solidaires pas solitaires. C’est le seul moyen d’avancer, alors que personne ne sait, personne ne peut prévoir aujourd’hui la fin totale de cette parenthèse liberticide, sauf tous ceux qui nous inondent de leurs prophéties.

C’est si difficile de se projeter.

Est-ce que les calendriers et agendas prévus de longues dates vont être maintenus. Va t’on reprendre des réunions en présentiel sur le mode interminable comme avant. Alors que nous découvrons le bonheur du silence et de l’air propre en ville, chacun-chacune va t’il-elle reprendre son rythme d’avant et aller chaque jour dans sa voiture perso pour travailler sur des missions qui sont dans classés officiellement dans la catégorie non essentielles ?

Va t’on repartir passer des week-end low-cost en avion dans des capitales européennes ou sur des plages méditerranéennes comme avant, sans se soucier de qui appauvrissent nos week-ends de villégiature.

A part rester chez moi et proposer mon temps en tant que bénévole aux associations en besoin, je ne peux rien faire contre le COVID 19, car mon métier n’est pas dans la catégorie des faiseurs.

Par contre je peux agir aujourd’hui pour préparer demain (penser, connecter, faciliter, conter). C’est une opportunité inouïe de toucher des personnes dont la majorité est chez elle derrière un écran d’ordi ou de smartphone.

Sauf qu’au bout de 2 mois, il y a saturation.

Si le COVID 19 s’est propagé si rapidement dans le monde, faisons comme lui, utilisons les modes de transport de l’information pour contaminer – je préfère essaimer – le plus de personnes pour construire ensemble un futur écologique, social, éthique, solidaire et féministe.

Par cluster, contaminons 3 personnes, qui contamineront 3…..plantons des graines, arrosons…par 2, par 4, par 8… vers une exponentielle.

masque de l'espoir

Vive le télétravail

Greenselipar_télétravailJ’ai commencé ma semaine par deux grosses réunions de trois heures, à distance. J’ai bien cru que j’allais tomber malade d’ennui et déprimer dès le début de la semaine. Déjà que je dois trouver de l’énergie pour dépasser les sentiments d’impuissance, de désolation et de consternation qui m’habitent.

Ces temps de réunions, prévus à l’origine en présentiel ont été –certes adaptés sur l’ordre du jour – mais pas adaptés au format à distance : longs monologues de celui qui a le micro ouvert et fait défiler ses diapos ; réponse obligatoire aux questions posées dans le chat par la personne qui a le micro alors que c’est un temps d’échange avec des questions pour alimenter le débat ; silence interminable quand chacun.e écrit sur le chat sa contribution, au lieu d’utiliser le micro… Au secours !!!

Je suis souvent sidérée par l’acceptation de la part de mes pairs et de mes clients à participer à des réunions ennuyeuses, non participatives et trop longues : « je peux travailler sur autre chose pendant ce temps » me disait une collègue hier !

Alors à quoi elle sert cette réunion si chacun et chacune fait autre chose pendant que celui-celle qui organise parle… ? Il ne serait pas possible de la réduire en longueur et d’utiliser le temps de réunion pour ce qui ne peut se traiter qu’en réunion ?

C’est encore pire pour une réunion à distance !

Si le tabou du télétravail est levé par défaut – yess- il reste encore peu utilisé par de nombreux salarié.es.

En tant que consultante, je le pratique, comme beaucoup de mes pair.es, depuis bien longtemps. Je teste régulièrement des nouveaux outils en accès libre, notamment ceux de Framasoft qui sont très bien : framapad pour de la publication partagée et préparer les ordres du jours et déroulés des réunions notamment, framadate, pour caler les RDV, skype, WhatsApp pour les téléconférences, dropbox, googledrive pour partager des espaces de travail….

Il y a l’embarras du choix, à condition que son service informatique autorise de télécharger ou utiliser l’application et que son matériel soit compatible.

Mais l’outil ne fait pas la qualité de la réunion. Et encore plus que pour une réunion en présentiel –quoi que- il est indispensable de préparer la réunion en amont pour la concentrer sur ce qui ne peut pas être fait autrement (STOP l’information descendante qui aurait pu être envoyée avant), d’organiser des séquences courtes et rythmées de prévoir encore plus régulièrement des pauses (5mn c’est déjà ça).

Merci à Framasoft qui nous rappelle ces bonnes pratiques …ici : https://framasoft.frama.io/teletravail/

et vive le télétravail, pour préparer les jours d’après (il y a du boulot !! et on a au moins jusqu’au 15 avril !!!)

Autres sources mis à disposition par la communauté a-brest qui reprend l’article et les conseil du réseau animacoop : https://www.a-brest.net/article23873.html

En ce moment il y a profusion de ressources numériques en accès libre (avec des offres d’essai prolongées) et des initiatives de formations gratuites – et solidaires – et de formations payantes (certains ne perdent pas le nord ) .

Mission évaluation participative réussie

Un an de mission pour la DREAL Occitanie s’achève avec succès par deux jours de formation à l’évaluation stratégique et participative pour dix collectivités.

Lancée en janvier 2017 la mission consistait à accompagner l’évaluation des projets territoriaux de développement durable (principalement des Agenda 21) de six collectivités d’Occitanie avec pour double objectif : développer les conditions pour engager une évaluation participative du niveau stratégique des projets et favoriser l’autonomie des collectivités à poursuivre et compléter cette évaluation à l’issue de la mission.

L’équipe Le Geste-Greenselipar, retenue pour conduire la mission d’accompagnement des collectivités à l’évaluation, a réuni des consultant.es expérimenté.es qui conjuguent compétences en évaluation des politiques publiques, facilitation de l’intelligence collective, techniques de créativité et méthodes de design thinking.

Dès le départ de la mission la DREAL Occitanie a accordé sa confiance à l’équipe en validant les principes d’expérimentation et de droit à l’erreur.

Ce partage initial des responsabilités entre commanditaire (DREAL Occitanie) et prestataire (Le Geste-Greenselipar) a permis de sortir des pratiques classiques de l’évaluation des politiques publiques, en confiance et de proposer aux bénéficiaires (les six collectivités) une forme d’accompagnement inédite. Elle a articulé mise en pratique accompagnée de l’évaluation par l’expérimentation, facilitation de l’intelligence collective, co-construction avec les bénéficiaires/parties prenantes de l’évaluation et droit à l’erreur.

Notre commanditaire a exprimé sa satisfaction: les six collectivités accompagnées à l’évaluation participative ont dépassé leurs craintes initiales et conduit les évaluations engagées à leur terme.

La capitalisation de cette expérience a conduit à la production d’un module de formation – qui va être ouvert sur deux autres sessions en 2018- à la publication imminente d’un document de capitalisation et à une vidéo qui est consultable sur le site de la DREAL Occitanie : http://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/comment-se-lancer-et-mener-a-bien-l-evaluation-a23932.html

Une présentation à l’occasion des Journées Françaises de l’évaluation à Paris en Novembre 2017 a également permis de confronter nos résultats à un public averti sur  l’évaluation des politiques publiques.

Merci à toute l’équipe et avec mes excuses à Pierre et Delphine que je n’ai pas sur mes photos!

2018 mission evaluation participative

Mon speed dating aux Assises Européennes de l’Energie

J’ai osé partager un gros plantage et j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Pourtant j’avais un peu la trouille et failli laisser tomber. Quelle mouche m’avait piquée d’aller raconter à des concurrents et des éventuels clients ce que je ne parviens pas à réussir?

Les retours des participants ont été très positifs : « ça m’a fait du bien, ça me décomplexe, ça me donne de la force, de la liberté, de la légèreté« .

Ou la la, on ne m’avait jamais dit des choses comme cela!

Cette petite expérience en format réduit m’a confortée de l’intérêt d’essaimer et de proposer aux Assises 2019, quelque chose de plus important, avec une petite dose de fun.

En attendant, si vous avez envie de rejoindre le « club des loosers réjouis » contactez moi.

2018 AssisesTE_CMJMPlantée
les productions des 2 tours de speed dating au propre

speedating productions
Les productions des 2 tours de speed dating – format brut de décoffrage

Je vous souhaite une année 2018 OSEE

2018 voeux Greenselipar mail
Pas de jeu de mots ou anagramme à trouver mais mon défi de l’année que je partage avec vous, car il donne des ailes.

Si l’année 2017 a été un tournant pour Greenselipar– j’avais annoncé pour mes voeux 2017 un « retour aux sources »- elle a surtout été marquée par des expérimentations qui ont considérablement enrichi mes pratiques professionnelles.

J’ai osé sortir de ma zone de confort, expérimenter de nouvelles formes de présentation, de facilitation, partager mes expériences avec mes pairs, j’ai pris le risque de me planter, en portant une mission importante avec une grosse équipe de consultants indépendants.

J’ai rencontré beaucoup de doutes, j’ai maintes fois renoncé.  Mais quand j’ai osé, j’ai pris beaucoup plus de plaisir et j’ai pu observer l’effet positif que cela a produit sur mes clients.

Donc je suis prête à OSER encore plus, à me planter, « à rater, à rater encore. A rater mieux. » (S.Beckett)

Je commence…

Aujourd’hui par envoyer mes voeux en Janvier.

La semaine prochaine, j’anime une session speed dating aux Assises Européennes de la Transition Energétique à Genève intitulée « Comment je me suis planté.e ou des bénéfices du partage de ses échecs ».